Troisième anniversaire: 2e bougie!

Et voici la deuxième vidéo, deuxième bougie, deuxième cadeau. Au moins aussi impressionnante que la première, voici DVNO... Enjoy!
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# Posté le dimanche 02 mars 2008 12:36
Modifié le dimanche 09 mars 2008 06:49

Troisième anniversaire: 1e bougie!

En guise de triple-cadeau d'anniversaire, voici trois des meilleurs clips de ces douze derniers mois, deux clips de Justice, LA révélation électro de l'année, et un de Sébastien Tellier. Voici d'abord la vidéo de D.A.N.C.E., nommée à de très prestigieux prix (MTV Video Awards, Grammy Awards...).
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# Posté le dimanche 02 mars 2008 12:33
Modifié le dimanche 09 mars 2008 06:48

Troisième anniversaire... en retard.

Troisième anniversaire... en retard.
Eh oui, TheGhost92 a trois ans...depuis 22 jours déjà. Aniversaire en retard, donc, à l'image de ces dernières semaines où les articles se font moins nombreux, faute de temps. Depuis sa naissance cet espace a connu pas mal de mouvement, trois anniversaires donc, deux relookings, 179 articles, 625 commentaires et environ 150 visites mensuelles en moyenne, chiffre en nette baisse, forcément... Pourtant je ne veux pas le fermer, je ne sais pas vraiment pourquoi, mais il tiendra bon, je continuerai à le mettre à jour (prochain article très bientôt, d'ailleurs). Peut-être aussi en prévision de ma prochaine année d'expatrié (si tout se passe bien) qui pourrait me permettre de le reconvertir, qui sait, en journal de bord... Il perdrait alors sa philosophie originelle, celle dun blog qui fait tout sauf raconter ma vie. Mais l'avenir est l'avenir et nul ne sait de quoi il sera fait... On en reparlera dans un an, quand ce blog en aura quatre...

Fantômatiquement vôtre!

TheGhost
# Posté le mercredi 27 février 2008 16:25

Culture, Musique: Morcheeba - Dive Deep >> + + + + + <<

Culture, Musique: Morcheeba - Dive Deep >> + + + + + <<
.°.°.°. INTRODUCTION .°.°.°.

Paul et Ross Godfrey fondent Morcheeba au milieu des années 1990, autour notamment de la chanteuse Skye Edwards et de son timbre si particulier qui a fait la marque de fabrique du groupe. Mêlant trip-hop, rock, rythme and blues et pop, le combo s'impose dès ses premiers albums. Who Can You Trust ? sort en 1996, suivi deux ans plus tard par Big Calm sur lequel on retrouve notamment Part of the Process et The Sea. Puis vient, en 2000, Fragments of Freedom avec le titre Rome Wasn't Built in a Day, moins électro que les précédents. En 2002 sort Charango, sur lequel on retrouve parmi les titres les plus connus du groupe : Otherwise, Aqualung, Women Lose Weight et Way Beyond. En 2003, Morcheeba sort son premier best-of et la même année Skye Edwards quitte le groupe pour « divergence artistique ». Avec le départ de la chanteuse, le combo perd, aux yeux de beaucoup, son identité, mais revient tout de même en 2005 avec The Antidote sur lequel on retrouve Daisy Martey au chant. Le son trip-hop est un peu délaissé sur cet album transitoire assez décevant. Le groupe revient finalement en ce début d'année 2008 avec Dive Deep, un album sur lequel ont collaboré de nombreux artistes et où la ligne vocale n'est pas affaire d'une seule personne mais de plusieurs chanteuses et chanteurs qui ont posé leur voix sur les morceaux à nouveau beaucoup plus trip-hop de Morcheeba. Critique complète de ce nouvel opus :

.°.°.°. DIVE DEEP .°.°.°.

01. Enjoy the Ride (feat. Judy Tzuke)
Premier single extrait de l'album, ce titre est aussi son ouverture. Intro calme et aquatique pour cette jolie balade électro-pop sur laquelle la voix de Judy Tzuke donne un ton mélancolique et émouvant des plus réussis. A la fois puissant sur le refrain - sans jamais se départir d'un calme reposant - et plus posé sur les couplets, ce titre est dans la glorieuse lignée des titres de l'âge d'or de Morcheeba. Peut-être un tantinet commercial, cette première piste ouvre en tout cas de fort belle manière l'opus, mêlant voix soul froide, cordes diverses dont de très agréables violons et rythmique plus trip-hop. Une petite merveille qu'on ne se lasse pas d'écouter.

02. Riverbed (feat. Thomas Dybdahl)
Petite intro à la guitare pour un départ folk rapidement repris par des sons électroniques qui continuent de nous plonger dans l'ambiance aquatique déjà ressentie sur le premier titre et annoncé dès la pochette. La voix de Thomas Dybdahl vient ajouter une touche un peu lounge à ce titre avant tout musical qui nous plonge dans un univers onirique et nous emporte immédiatement. Plus pop qu'Enjoy the Ride, assez proche de Just a Man (en plus travaillé), Riverbed et sa multitude de sons qui viennent percer la ligne musicale de base poursuit le très bon niveau impulsé dès la première piste dans cette ambiance fraîche mais pas désagréable pour autant.

03. Thumbnails
Rythmique plus franchement trip-hop, sons électroniques et ambiance à la Massive Attack : Morcheeba s'aventure franchement dans l'électronique sur cette piste qui semble rythmée par des gouttes d'eau dans une ambiance à la fois sombre, futuriste et pourtant pas vraiment inquiétante. On observe l'étrange spectacle qui se déroule sous nos yeux où les images se mêlent aux sons divers qui viennent nous frapper les tympans. Thumbnails est une réussite trip-hop absolue, un vrai régal instrumental qui allie parfaitement un univers fantastique qui nous transporte et une rythmique efficace qui nous fait vibrer.

04. Run Honey Run (feat. Bradley Burgess)
On commence ce morceau dans un genre tout à fait différent puisque ce sont des instruments traditionnels qui ouvrent cette quatrième piste et nous emmènent du côté de l'Europe de l'est. La voix de Bradley Burgess s'aventure sur des mélopées qui ne sont pas sans évoquer quelques prières chamaniques. A ce côté traditionnel sont mélangés des éléments très électro de scratch et de rythmique trip-hop discrète mais bien présente, le tout nous offrant un voyage dépaysant dans des terres encore vierges où l'on se laisse mener par la machine futuriste créée sous nos yeux par Morcheeba. Cet étonnant mélange de sons traditionnels et de futurisme assumé est parfaitement maîtrisé et les quatre premières pistes de Dive Deep en font jusqu'alors un album de très grande qualité.

05. Gained the World (feat. Manda Zamolo)
Sur cette cinquième plage, on retrouve les sons typiques du Morcheeba de Skye Edwards, on s'attendrait même à entendre la chanteuse donner de sa voix si particulière. Pourtant, c'est le chant d'une autre qui se fait entendre, celui de Manda Zamolo, jeune artiste française repérée par le groupe grâce à Myspace. Son grain est assez proche de celui de Skye, même si sa voix est globalement beaucoup moins chaleureuse. Cette balade froide et reposante, un peu nostalgique, sait encore mêler avec une science admirable tous ses instruments, toutes ses composantes qui se valorisent entre elles : voix, instruments, tout est agencé à la perfection et offre encore à nos oreilles un traitement de choix.

06. One Love Karma (feat. Cool Calm Pete)
On s'offre avec One Love Karma une virée plus urbaine. Comme sortant du néant surgit la voix de Cool Calm Pete, pleine de philosophie au milieu de ce paysage urbain désolé dépeint par les notes sombres des claviers électroniques de Morcheeba. Mélancolique, résignée, la voix monocorde du rappeur s'intègre parfaitement à l'ambiance du morceau, qui dénote un peu de l'atmosphère générale de l'album. Un peu plat, ce titre encore une fois admirablement produit, est un peu plus faible que les précédents mais c'est une erreur bien minime.

07. Au-delà (feat. Manda Zamolo)
On plonge cette fois-ci dans une ambiance à la René Aubry. Manda Zamolo chante en français pour un titre plus World Music et proche de certaines productions de Pep's (essentiellement Liberta). S'il est beau, assez émouvant et, une fois n'est pas coutume, remarquablement bien produit, on s'ennuie un peu sur cet Au-delà qui s'avoue plus pauvre que les précédents titres de l'opus, plus minimaliste, plus acoustique et, si cette pause sera appréciée par certains, elle n'est pas aussi convaincante que le reste de la galette.

08. Blue Chair (feat. Judy Tzuke)
Ambiance assez étrange, plutôt urbaine mais pas totalement assumée dans ce penchant. La voix un peu cassée de Judy Tzuke nous emmène dans une virée nocturne difficilement descriptible. Pas tout à fait urbain, pas tout à fait triste ni mélancolique, plutôt sombre mais parfois percé de rais de lumières, approchant une ambiance à la Sin City par moment avant de revenir dans un cadre bien plus rassurant, ce Blue Chair en équilibre permanent entre des sensations contradictoires est assez déroutant et s'il est finalement un troisième morceau consécutif un peu décevant de l'album, il n'en reste pas moins très intéressant.

09. Sleep on it (feat. Thomas Dybdahl)
Electro-blues, un genre presque inventé par ce Sleep on it étonnant dès son intro. La voix de Thomas Dybdahl est tout aussi déroutante et le tout forme un mélange à la fois humide et un peu terreux sur les couplets et très aérien sur les refrains. Le temps semble tourner au ralenti sur cette neuvième piste qui, un peu à l'instar de la huitième, n'emporte pas l'enthousiasme mais suscite un intérêt certain. A essayer.

10. Hemphasis
Une ambiance encore assez étrange mêlant des sons d'une nature sauvage et d'instruments à cordes traditionnels sous lesquels vient s'imposer une rythmique très moderne pour faire de Hemphasis une virée instrumentale sans doute moins réussie que Thumbnails mais d'un trip-hop plus varié, plus divers, plus recherché. Moins efficace, il poursuit pendant ses deux minutes cette série de titres plus conceptuels et un peu moins enthousiasmants entamée depuis Blue Chair.

11. Flowers (feat. Manda Zamolo)
Intro plus urbaine, dans une ambiance cette fois-ci plus franchement inquiétante brisée très rapidement par la voix de Manda Zamolo qui s'offre une virée champêtre fleurie souillée ponctuellement par le cambouis de certains sons et de la voix du rappeur. Ce mélange très étonnant ne choque à aucun moment, ce qui est une prouesse tant les deux univers semblent antagonistes mais ils s'entremêlent même de façon agréablement surprenante. Encore une fois, ce titre est plus intéressant qu'enthousiasmant mais on continue d'admirer le travail des frères Godfrey.

12. Washed away (feat. Thomas Dybdahl)
Très calme, ce pur slow électronique nous berce tranquillement et agréablement. Avant-dernier titre de ce Dive Deep étonnant, Washed Away, plus pop peut-être que les autres morceaux, nous offre un détour par du blues très ricain où les cordes des guitares sont tordues avec une lenteur exaspérante tant que délicieuse. Après la série de quatre titres plus conceptuels, cette douzième piste nous touche plus et ce pour notre plus grand bonheur.

13. The Ledge beyond the Edge
Sons électroniques très inquiétants pour cette ultime piste aux sonorités et à l'ambiance entre Massive Attack et Birdy Nam Nam. Emaillé de quelques discrètes touches blues, ce Ledge beyond the Edge est une sortie très réussie à un album qui l'est tout autant. Tout à coup, nous prenant par surprise, quelques voix de rappeurs surgissent pour donner un aspect plus Chemical Brothers à cette ultime piste aussi étonnante et magnifiquement produite que l'opus qu'elle clôture. Une conclusion à la hauteur de l'album.


.°.°.°. CONCLUSION .°.°.°.

Dive Deep présente sur sa pochette un fond sous-marin comme un avant-goût de ce que nous réserve l'opus puisque c'est bien cette ambiance aquatique et ce thème de l'eau qui ressortent de l'album. Mêlant morceaux instrumentaux trip-hop, sons plus éclectiques et virées par le blues, la pop ou le rythm and blues, ce nouvel album de Morcheeba voit le phénix renaître de ses cendres. Privé de sa voix depuis le départ de Skye Edwards, le combo réussit l'exploit de se renouveler et de produire un album largement à la hauteur des précédents alors que beaucoup le pensaient perdu à jamais ou condamné à végéter en espérant un hypothétique retour de sa muse. A la fois doux, calmes, reposants, agréables et formidablement recherchés et travaillés, produits à la perfection, les treize titres de cet album sont autant de pépites musicales. Les frères Godfrey peuvent même se permettre quelques morceaux plus expérimentaux, moins accessibles, tant on est envoûté de la première à la dernière seconde de ce disque. Ils ont cette faculté à créer des ambiances captivantes et si détaillées que l'on se laisse instantanément emporter dans ce voyage onirique, merveilleux, entre ciel et mer, approchant parfois la ville, un contexte urbain dépeint sombrement mais toujours avec un perfectionnisme qui tombe juste. Finalement assez éclectique, Dive Deep n'en garde pas moins une formidable cohérence : tout se tient, s'enchaîne sans grippage et l'on passe sans s'en rendre compte du trip-hop sombre de Thumbnails aux contrées inexplorées de Run Honey Run, de l'hybride Flowers au bluesy Washed Away.
Dive Deep est un maître-album dont la qualité de production et la créativité relancent Morcheeba vers de nouveaux horizons. On regrettera du bout des lèvres une légère monotonie et l'absence d'un ou deux morceaux vraiment au-dessus du lot qui permettraient d'inscrire un peu plus l'opus dans l'histoire de la musique. Deux petits manques qui empêchent cet album de décrocher sa cinquième étoile mais n'entachent en rien l'excellence du travail des frères Godfrey. Dive Deep, une plongée fascinante et envoûtante à expérimenter absolument.

.°.°.°. LIENS .°.°.°.

Pour découvrir le site officiel de Morcheeba:
www.morcheeba.co.uk

Pour écouter Morcheeba:
www.myspace.com/morcheeba

# Posté le vendredi 08 février 2008 07:37
Modifié le samedi 09 février 2008 15:41

L'année 2007 en musique

L'année 2007 en musique
De la fulgurance...
Fred Chichin est mort. Ce nom ne dira peut-être pas grand-chose au profane et, pourtant, depuis 1979, il formait avec Catherine Ringer le duo mythique du rock français : Rita Mitsouko. On ne s'appesantira pas dans cet article sur ce tragique évènement mais on n'aurait su, dans une rétrospective correcte de l'année 2007, passer sur cette disparition qui laisse le rock français orphelin de l'un de ses artistes les plus talentueux, les plus inventifs, les plus fulgurants. Fulgurant, comme les excentriques et géniaux Rita Mitsouko, fulgurant aussi comme ce cancer qui aura emporté l'artiste en deux mois, à 53 ans à peine.
L'avenir ne se construit pas sans le passé, un passé auquel appartient désormais Fred Chichin. Cette année, le duo clamait à l'envie que « les Rita n'étaient pas morts ! », leur héritage continuera en tout cas d'inspirer des générations de musiciens : Marcia Baila, Andy, Les Histoires d'A., C'est comme ça... C'est comme ça, oui.

De la crise d'adolescence...
Il est un âge où l'envie vous prend, plus ou moins subitement, de quitter le foyer familial et de vivre votre vie. Les artistes n'échappent pas à la règle et beaucoup d'entre eux, jusque là membres d'un groupe, ont tenté l'aventure solo cette année. Nicole Sherzinger a quitté les Pussycat Dolls (c'est toujours aussi insipide), Serj Tankian a délaissé System of a Down (il n'a pas innové pour autant), Mokobé s'est émancipé du 113 (pour se fondre dans la masse du rap français), Riké est parti chercher tout le bonheur du monde sans Sinsemilia (mais le vrai bonheur serait qu'il arrête de chanter), Will.I.Am s'est écarté des Black Eyed Peas, Dolores O'Riordan a lâché les Cranberries, et Mick a été Tout Seul... Résultat : comme l'a dit notre inspiré ex-sélectionneur de l'équipe de France de rugby après la Coupe du Monde, globalement « c'est un échec ».
Les moutons rentreront-ils à la bergerie ? Seul l'avenir nous le dira. Un avenir pas forcément proche, du moins si l'on se réfère aux exemples de cette année puisqu'on a pu assister à la reformation de Genesis, sans Peter Gabriel (qui avait quitté le groupe en 1975) mais avec Phil Collins (parti, lui, en 1997) et, bien-sûr, au retour de The Police, qui a récupéré Sting et Andy Summers, séparés en 1986 et qui ont fêté leurs retrouvailles à l'occasion d'une tournée aussi intéressée au départ que lucrative à l'arrivée, un peu comme celle de Michel Polnareff dont on a retenu que... ben... ses lunettes sont toujours aussi blanches !
Des reconversions et de l'humour...
Après les vieilles gloires, les « nouveaux ». Chaque année, acteurs et « people » divers se lancent dans la chanson et 2007 n'a pas échappé à la règle : Clara Morgane a sorti un disque catastrophique où il n'y a vraiment que la bonne volonté que l'on puisse saluer et Tony Parker (je vous vois déjà sourire) s'est lancé dans le rap avec un succès qui ne se dément pas... sur Rire et Chansons. Michael Youn en Fatal Bazooka, sa caricature bien sentie et plutôt amusante ainsi que la très bonne surprise Ultra Orange & Emmanuelle, combo pop-rock frais et inventif avec Emmanuelle Seigner comme chanteuse (qui ne devrait malheureusement pas renouveler l'expérience) peinent pour leur part à sauver les meubles des reconversions bidons.
S'il y en a en revanche deux qui ont le sens de l'humour et qui nous l'ont montré avec talent, ce sont bien Kamini et Koxie, vrais rafraîchissements dans un rap français qui peine à se dépatouiller de sa mauvaise réputation et de sa violence larvée. Ce sens de l'humour, il manque en revanche cruellement aux membres de Naast, les punks fils-à-papa du Val-de-Marne et à Vitaa, la chanteuse qui couine comme un hamster qu'on passerait dans un presse-purée. Bien sûr, on ne saurait oublier Tokio Hotel, le fameux groupe de pré-pubères d'outre-Rhin qui nous arrose de yaourt teutonique simili-rock pour groupie de 12 ans qui hurle que « le rock ça déchire grave ». Sauf que Tokio Hotel est au rock ce qu'Avril Lavigne est au punk : une bonne blague. J'ai bien cherché, en voyant le succès de ce groupe, à quoi pouvait bien être dû leur popularité. Eh bien, en fait, la seule utilité que je leur vois c'est que Bill, le chanteur, est une arme redoutable pour débarrasser votre grenier des toiles d'araignée. Ok, mais c'est pas ce qu'on leur demande alors je vous l'annonce solennellement (roulement de tambour) s'il fallait décerner le prix du pire groupe de l'année, il leur reviendrait (succédant à de brillants aînés comme Tragédie, M. Pokora ou Tribal King - vous vous souvenez : « bouge ton boule ma babe »). Quand je pense qu'on fait croire à toute cette jeune génération que « ça », c'est du rock, que cette soupe insipide serait à afficher aux côtés des Led Zeppelin, AC/DC et autres Metallica... Comme diraient les hystériques du premier rang de la Star Ac' : « ça me fait trop loler ».

Du rock...
Et pourtant 2007 a été une année rock : The Gossip incarne cet esprit comme personne aujourd'hui : décomplexé, énergique, provocateur (à l'image de Beth Ditto, sa charismatique chanteuse) ce jeune groupe est l'une des révélations de l'année. Une révélation autant qu'Amy Winehouse, la diva destroy de la soul, première icône rock à ne pas faire de rock, cette artiste dont les frasques emplissent les pages people des magazines, ici parce qu'elle s'est battue avec son mari, là parce qu'elle s'est endormie pendant une interview, ici encore parce qu'elle ne tient pas debout sur scène, qu'elle oublie les paroles de ses chansons, qu'elle annule ses concerts par dizaines... Pendant ce temps, Pete Doherty, qui fait des allers-retours réguliers depuis la prison, est lui aussi revenu avec les Babyshambles. Rien de grave, on vous rassure. Mais le renouveau du rock en 2007 c'est aussi le nouvel album des suédois déjantés des Hives, les confirmations des Arctic Monkeys, de Fall Out Boy et des Kaiser Chiefs, l'émergence des Noisettes, trio réuni autour de la sauvage chanteuse/bassiste Shingai Shoniwa et dont on entendra beaucoup parler à l'avenir et puis c'est aussi les brésiliennes déchaînées de CSS ou la révolution électro-rock des Klaxons. La relève est là et elle semble plus prometteuse que jamais !
Des dandys pop...
On a cité Amy Winehouse mais l'autre révélation de l'année est bien-sûr Mika, dont la pop colorée a enchanté (parfois jusqu'à l'overdose) nos oreilles de ses mélodies insouciantes, gaies (et gays ?) et rafraîchissantes. Ce jeune britannique ira loin (et avec lui sa joie de vivre), tout comme Christophe Willem, notre équivalent français, premier artiste talentueux à gagner la Nouvelle Star. Dans le même genre, on parle encore peu de Rufus Wainwright, l'icône gay new-yorkaise et dandy pop de l'année dont le nom vous reviendra aux oreilles. Et puis l'avenir de la pop music passera aussi par Damian Rice, The Fray et AaRON, autres révélations prometteuses, aux univers nébuleux et oniriques.

De la montée en puissance de l'électro...
Dans l'hexagone, le salut vient cette année de l'électro avec le carton mondial de Justice, révélation internationale de l'année dans le domaine, et la tournée époustouflante de leurs maîtres, les Daft Punk. D'ailleurs, pour l'électro, cette année est à marquer d'une pierre blanche : Digitalism, Simian Mobile Disco, Felix Da Housecat, MSTRKRFT, Chemical Brothers, Air... Autant de révélations ou de confirmations à ne pas mélanger avec nos deux DJ-stars David Guetta et Bob Sinclar, bien gentils mais dont la créativité musicale atteint des sommets proches du relief des Pays-Bas.

Du reste et de la suite...
Difficile de citer tout le monde , à ce stade de mon article j'aurais encore à citer 48 noms d'artistes qui ont marqué l'année. Pour être complet je vais conclure en survolant le paysage des musiques « urbaines » pour qui cette année aura été assez fructueuse : dernière en date, Alicia Keys, qui confirme tout son talent sur As I am. Elle aura été précédée par la guéguerre entre Kanye West et 50 Cent, les deux nouveaux bad boys du hip-hop bling-bling made in US et surtout par Timbaland et son Shock Value à la liste de featurings longue comme deux bras. On citera encore les Gym Class Heroes auxquels ont promet un bel avenir, Rihanna dont l'Umbrella jusqu'à plus-soif nous aura presque fait aimer la pluie (celle qui est tombée quand Benjamin Biolay a poussé sa bêlante vulgaire et sans intérêt...oups, on me signale que c'est HS), Joss Stone, la fluette chanteuse soul au coffre impressionnant et qui, sans la fulgurance de Winehouse, aurait été la diva de l'année, et puis Mark Ronson, le jeune producteur de génie qui a réinventé sur Version les titres cultes de la pop façon jazz/soul/hip-hop. Bon, encore neuf noms de placés, il me reste juste assez de place : Moby, Lenny Kravitz, Madonna, Michael Jackson, Portishead, U2... Ce seront les plus attendus en 2008. Rendez-vous dans un an.
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# Posté le vendredi 11 janvier 2008 12:15
Modifié le vendredi 11 janvier 2008 12:32